
Pour Fatiha, l’histoire commence bien avant Alenvi. Elle connaît Mme T. depuis 2017. À l’époque déjà, un lien particulier se crée entre elles. Puis leurs chemins se croisent à nouveau plusieurs fois au fil des années.
Fin 2024, après une hospitalisation, le fils de Mme T. recontacte Fatiha. Le pronostic est alors très sombre : son état de santé se dégrade et les médecins lui donnent quelques mois à vivre. En janvier 2025, Fatiha accepte de reprendre l’accompagnement, à condition d’être entourée de collègues en qui elle a confiance. Hortense, Véronique et ponctuellement Célyna rejoignent l’aventure.
Les quatre auxiliaires de vie s’impliquent beaucoup auprès de cette dame, créant chacune un lien différent avec elle.
L'équipe intervient jusqu'à 10 heures par jour auprès de la bénéficiaire, pour l’accompagner dans tous les aspects de sa vie quotidienne. « Elle était déjà en fin de vie », se souvient Fatiha. Pourtant, contre toute attente, Mme T. retrouve peu à peu de l'énergie.
« On l’a reboostée », raconte Fatiha avec un sourire.
L'objectif n'était pas de réaliser un exploit médical, mais simplement de lui permettre de vivre le plus normalement possible avec les capacités qui lui restaient : bouger, discuter, rire, écouter de la musique, partager des moments du quotidien. Accompagner en douceur sa fin de vie, c’était le rôle que s’était donné l’équipe.
Quand Hortense commence à intervenir, Mme T. est très affaiblie.
« Elle arrivait à peine à tenir sur ses jambes avec sa kiné. »
Progressivement, les auxiliaires de vie adaptent leur accompagnement à ses besoins et à ses envies du moment. Elles trouvent des astuces pour l'aider à manger lorsqu'elle perd l'appétit : plusieurs petits mets disposés devant elle, dans lesquels elle peut piocher librement.
« Il fallait identifier ce qu’elle appréciait le plus. Elle avait son caractère : quand elle ne voulait plus, elle ne voulait plus.»
Peu à peu, la situation évolue. Mme T. recommence à s'alimenter correctement. Elle reprend aussi confiance dans ses déplacements.
« Elle demandait elle-même à marcher seule de sa chambre jusqu’au salon. C’étaient des moments de petite victoire, mais importants pour elle », raconte Hortense.
Même lorsque certains professionnels pensaient qu'elle ne remarcherait plus, l'équipe continue d'y croire. La danse devient alors un outil inattendu. Musique orientale à fond, encouragements, quelques pas à la fois. Hortense souligne l’importance de leurs encouragements : « Deux pas, allez, juste un seul pas. »
Chaque auxiliaire développe sa propre façon de la motiver. « Chacune avait sa méthode avec elle pour la pousser à faire quelque chose. » raconte Hortense.
Fatiha et Hortense tiennent à adresser une pensée particulière à leur collègue Véronique, dont l'implication a été essentielle tout au long de cet accompagnement. « Elle a fait beaucoup pour cette dame. »
Au-delà des soins et de l'aide à domicile, c'est surtout la personnalité de Mme T. qui a marqué les auxiliaires d’envie.
« Elle aimait la vie. Elle rigolait tout le temps. » raconte Fatiha.
Toutes deux la décrivent comme généreuse, gentille, toujours souriante.
Avec Véronique, elle partage de nombreux jeux de société adaptés à son état de santé. Avec Hortense, ce sont les chansons et la musique qui occupent une place importante.
« Quand je pense à elle, c’est son sourire que je vois », confie Hortense.
Fatiha, elle, entretenait une relation particulière avec Mme T. depuis plusieurs années : « Elle ne se rappelait pas toujours de mon prénom, mais elle me disait : "Toi je te connais, je t’ai déjà vue".
Un jour, Mme T. lui lance une phrase qu'elle n'a jamais oubliée : « Tu es la fille que je n’ai pas eue. ». Et c’est à partir de ce moment-là que Fatiha comprend qu'elle souhaite l'accompagner jusqu'au bout.
L'accompagnement de Mme T. a également impliqué une relation de confiance avec sa famille. Les auxiliaires de vie ont travaillé au quotidien avec ses proches, en prenant le temps d'expliquer les choix d'accompagnement et les aménagements mis en place.
L'été 2025 restera particulièrement marquant pour l'équipe : « On l’a remise sur pied une deuxième fois. »
Mais avec le temps, son état de santé finit par s'affaiblir durablement. Pour Fatiha comme pour Hortense, l'essentiel était ailleurs : « On voulait juste la faire se sentir bien et qu’elle parte bien. ». Mme T. souhaitait rester chez elle. Ce souhait a pu être respecté.
« On l’a accompagnée jusqu’à la façon dont elle voulait partir : chez elle, en paix », raconte Hortense. Fatiha était présente la veille de son décès, entourée de ses fils.
Plusieurs mois après son départ, son souvenir est toujours présent.
Certaines chansons rappellent immédiatement sa présence. Une photo prise la veille de son accident montre encore son sourire.
« On garde tous ce beau sourire de S. », résume Fatiha.
Et lorsqu'on leur demande si elles referaient cet accompagnement de fin de vie, malgré sa charge émotionnelle, la réponse est immédiate : « Oui, bien sûr. »

Pour Fatiha, l’histoire commence bien avant Alenvi. Elle connaît Mme T. depuis 2017. À l’époque déjà, un lien particulier se crée entre elles. Puis leurs chemins se croisent à nouveau plusieurs fois au fil des années.
Fin 2024, après une hospitalisation, le fils de Mme T. recontacte Fatiha. Le pronostic est alors très sombre : son état de santé se dégrade et les médecins lui donnent quelques mois à vivre. En janvier 2025, Fatiha accepte de reprendre l’accompagnement, à condition d’être entourée de collègues en qui elle a confiance. Hortense, Véronique et ponctuellement Célyna rejoignent l’aventure.
Les quatre auxiliaires de vie s’impliquent beaucoup auprès de cette dame, créant chacune un lien différent avec elle.
L'équipe intervient jusqu'à 10 heures par jour auprès de la bénéficiaire, pour l’accompagner dans tous les aspects de sa vie quotidienne. « Elle était déjà en fin de vie », se souvient Fatiha. Pourtant, contre toute attente, Mme T. retrouve peu à peu de l'énergie.
« On l’a reboostée », raconte Fatiha avec un sourire.
L'objectif n'était pas de réaliser un exploit médical, mais simplement de lui permettre de vivre le plus normalement possible avec les capacités qui lui restaient : bouger, discuter, rire, écouter de la musique, partager des moments du quotidien. Accompagner en douceur sa fin de vie, c’était le rôle que s’était donné l’équipe.
Quand Hortense commence à intervenir, Mme T. est très affaiblie.
« Elle arrivait à peine à tenir sur ses jambes avec sa kiné. »
Progressivement, les auxiliaires de vie adaptent leur accompagnement à ses besoins et à ses envies du moment. Elles trouvent des astuces pour l'aider à manger lorsqu'elle perd l'appétit : plusieurs petits mets disposés devant elle, dans lesquels elle peut piocher librement.
« Il fallait identifier ce qu’elle appréciait le plus. Elle avait son caractère : quand elle ne voulait plus, elle ne voulait plus.»
Peu à peu, la situation évolue. Mme T. recommence à s'alimenter correctement. Elle reprend aussi confiance dans ses déplacements.
« Elle demandait elle-même à marcher seule de sa chambre jusqu’au salon. C’étaient des moments de petite victoire, mais importants pour elle », raconte Hortense.
Même lorsque certains professionnels pensaient qu'elle ne remarcherait plus, l'équipe continue d'y croire. La danse devient alors un outil inattendu. Musique orientale à fond, encouragements, quelques pas à la fois. Hortense souligne l’importance de leurs encouragements : « Deux pas, allez, juste un seul pas. »
Chaque auxiliaire développe sa propre façon de la motiver. « Chacune avait sa méthode avec elle pour la pousser à faire quelque chose. » raconte Hortense.
Fatiha et Hortense tiennent à adresser une pensée particulière à leur collègue Véronique, dont l'implication a été essentielle tout au long de cet accompagnement. « Elle a fait beaucoup pour cette dame. »
Au-delà des soins et de l'aide à domicile, c'est surtout la personnalité de Mme T. qui a marqué les auxiliaires d’envie.
« Elle aimait la vie. Elle rigolait tout le temps. » raconte Fatiha.
Toutes deux la décrivent comme généreuse, gentille, toujours souriante.
Avec Véronique, elle partage de nombreux jeux de société adaptés à son état de santé. Avec Hortense, ce sont les chansons et la musique qui occupent une place importante.
« Quand je pense à elle, c’est son sourire que je vois », confie Hortense.
Fatiha, elle, entretenait une relation particulière avec Mme T. depuis plusieurs années : « Elle ne se rappelait pas toujours de mon prénom, mais elle me disait : "Toi je te connais, je t’ai déjà vue".
Un jour, Mme T. lui lance une phrase qu'elle n'a jamais oubliée : « Tu es la fille que je n’ai pas eue. ». Et c’est à partir de ce moment-là que Fatiha comprend qu'elle souhaite l'accompagner jusqu'au bout.
L'accompagnement de Mme T. a également impliqué une relation de confiance avec sa famille. Les auxiliaires de vie ont travaillé au quotidien avec ses proches, en prenant le temps d'expliquer les choix d'accompagnement et les aménagements mis en place.
L'été 2025 restera particulièrement marquant pour l'équipe : « On l’a remise sur pied une deuxième fois. »
Mais avec le temps, son état de santé finit par s'affaiblir durablement. Pour Fatiha comme pour Hortense, l'essentiel était ailleurs : « On voulait juste la faire se sentir bien et qu’elle parte bien. ». Mme T. souhaitait rester chez elle. Ce souhait a pu être respecté.
« On l’a accompagnée jusqu’à la façon dont elle voulait partir : chez elle, en paix », raconte Hortense. Fatiha était présente la veille de son décès, entourée de ses fils.
Plusieurs mois après son départ, son souvenir est toujours présent.
Certaines chansons rappellent immédiatement sa présence. Une photo prise la veille de son accident montre encore son sourire.
« On garde tous ce beau sourire de S. », résume Fatiha.
Et lorsqu'on leur demande si elles referaient cet accompagnement de fin de vie, malgré sa charge émotionnelle, la réponse est immédiate : « Oui, bien sûr. »
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