Témoignage de Lou : Être auxiliaire d’envie pendant la crise sanitaire

Accompagner une personne âgée, en pratique
Témoignage de Lou : Être auxiliaire d’envie pendant la crise sanitaire

Ce deuxième confinement, n’est pas forcément facile à vivre pour les personnes âgées qui vivent bien souvent dans la solitude et l’incertitude. Pour éviter cet isolement social, les auxiliaires les accompagnent et les soutiennent  au quotidien. Aujourd’hui, rencontre avec Lou qui nous raconte les différentes facettes du métier d’auxiliaire pendant cette période particulière.

“ Je m’appelle Lou. Je suis auxiliaire de vie depuis 6 ans et je travaille depuis 3 ans chez Alenvi. Je suis devenue auxiliaire de vie car j’avais envie d’aider les autres et que j’aime ce métier.

Chez Alenvi, le métier d’auxiliaire est différent par rapport à d’autres structures car nous sommes plus autonomes. Nous faisons beaucoup de démarches par nous-mêmes, nous sommes impliqués dans plusieurs missions comme les premières visites ou le recrutement. C’est agréable de se sentir soutenue et bien intégrée ! ”

Auxiliaire d’envie en temps de coronavirus : un contact perturbé avec les bénéficiaires

“Au quotidien, le travail n’est plus pareil. ”

“ Chez Alenvi, il n’y a pas trop de bénéficiaires touchés par le coronavirus et dans mon équipe, par exemple, seulement une collègue a été malade. Les accompagnements continuent normalement : un seul bénéficiaire dans mon équipe a arrêté son accompagnement car sa fille, en télétravail, pouvait le prendre en charge. Pendant le premier confinement, tout était différent car on limitait le nombre de personnes chez chaque bénéficiaire et donc nos plannings étaient vraiment chargés. Aujourd’hui, mon planning n’est ni plus ni moins chargé que d’habitude. 

Au quotidien, le travail n’est plus pareil. L’approche est différente lors des accompagnements : nous devons garder nos distances avec le bénéficiaire, certains ont peur quand nous arrivons, nous devons porter le masque, nous parlons beaucoup du coronavirus… C’est vrai que les conditions ne sont pas toujours très agréables et que nous sommes un peu moins proches de nos bénéficiaires. 

Le moral des bénéficiaires dépend de leur rapport à la maladie. Certains n’ont pas trop peur et prennent du recul par rapport à la situation et pour eux, ça se passe bien. D’autres, ne parlent que de ça et pour eux, le moral n’est pas très bon. En règle générale, les bénéficiaires en ont marre. Marre d’entendre ce qu’il se passe. Marre, aussi, de ne pas pouvoir sortir dehors pour ceux qui en ont l’habitude. Même s’ils peuvent encore faire des promenades, pour certains la menace est devant la porte donc ils n’osent plus sortir !

Je pense à une dame dont je m’occupe qui vit très mal la situation. Elle fait une dépression car à force de regarder la télévision, elle est devenue très anxieuse. Elle ne parle que du coronavirus à ses enfants mais aussi à nous, auxiliaires de vie. La situation actuelle la travaille beaucoup et ce n’est pas la seule chez qui c’est le cas. Cette dame voit un psychologue pour prendre du recul. Quand je fais un accompagnement chez elle, j’essaye de parler d’autres choses et de lui changer les idées. Quand je suis là, elle est moins anxieuse. En règle générale, j’essaye de parler d’autres choses avec les bénéficiaires dont je m’occupe pour leur remonter le moral.”

Auxiliaire d’envie en temps de coronavirus : le rapport à son métier et à ses collègues

Je me dis que si je ne suis pas forte mentalement alors je ne pourrai pas accompagner au mieux les bénéficiaires dont je m’occupe.

“ De mon côté, je vis bien la situation. J’essaye de ne pas penser qu’au coronavirus, de ne pas parler que de ça car sinon on ne fait plus rien. Je me dis que si je ne suis pas forte mentalement alors je ne pourrai plus rien faire et surtout je ne pourrai pas accompagner au mieux les bénéficiaires dont je m’occupe. C’est un cercle vertueux ! Il faut se protéger bien sûr mais continuer à vivre. Si on s’inquiète, on arrête de travailler, on reste dans notre lit et on ne fait plus rien. À vrai dire, je ne me sens pas plus exposée que d’autres personnes parce que je suis auxiliaire : nous devons juste faire très attention en nous protégeant et en protégeant nos bénéficiaires. 

Avec mon équipe, nous vivons très bien la période et ça aide. C’est super d’avoir le soutien de ses collègues. Nous sommes plus soudés, nous nous entraidons comme nous pouvons : il y a une bonne ambiance ! Comme avec les bénéficiaires, nous essayons de ne pas parler du coronavirus ensemble. Au tout début, c’est vrai que nous ne vivions pas très bien la situation. Nous nous nous demandions sans cesse si nous n’allions pas l’attraper, nous avions peur… Au fur et à mesure, chacun a pris sur soi. Nous sommes un peu stressés quand l’un de nous a un rhume mais nous essayons de ne pas nous monter la tête, c’est une maladie comme une autre après tout. 

Pour finir, je me sens bien soutenue aussi par l’équipe d’Alenvi. J’ai discuté avec des auxiliaires de vie qui travaillent pour d’autres structures et ce n’est pas toujours le cas ! Je suis passée deux ou trois fois dans les locaux où l’équipe m’accueille chaleureusement et ça fait vraiment du bien. Vivement, qu’on puisse tous se retrouver ! ”

Lou, auxiliaire d’ envie