Proche emporté par le Covid-19 : Comment faire son deuil ?

Accompagner une personne âgée, en pratique
Proche emporté par le Covid-19 : Comment faire son deuil ?

Depuis quelques mois, nos vies sont bouleversées par la maladie à Coronavirus. Si aujourd’hui les mesures de confinement s’assouplissent, l’épidémie a laissé des traces bien présentes : les proches des victimes n’ont pas pu accompagner leur proche jusqu’à la fin. C’est pourquoi nous vous présentons dans cet article, quelques conseils pour parvenir à faire son cheminement même s’il en reste bouleversé.

Le Covid-19 a bouleversé les étapes du deuil

Le deuil aussi triste soit il est un processus nécessaire à chacun. Il fait partie intégrante de la vie et représente une étape indispensable de délivrance. C’est un chemin, plus ou moins long, que chacun devra emprunter pour accepter le décès d’un proche. La psychiatre Élisabeth Kübler-Ross a défini 5 étapes du deuil :

  1. Le déni
  2. La colère
  3. La négociation
  4. La dépression et la douleur
  5. L’acceptation

Ce chemin vers l’acceptation doit se faire et en prenant le temps nécessaire pour traverser chacune de ces étapes. Cela dit pendant la crise du coronavirus, le gouvernement a été obligé d’appliquer des mesures strictes pour éviter la contamination. Celles-ci ont parfois empêché les proches du défunt de se recueillir devant lui leur causant de plus grandes difficultés pour faire leur deuil.

Il est difficile d’accepter le décès si brutal d’une personne aimée quand on ne peut lui faire ses adieux. Accompagner un proche jusqu’à son dernier souffle et constater son décès font partie intégrante du processus de deuil. Mais en période de covid-19, cela n’était pas toujours possible. Alors, comment accepter la mort d’une personne sans constater son décédé ?

Un sentiment de culpabilité ou de colère peut aussi venir s’ajouter quand on ne peut pas accompagner la personne malade jusqu’à la fin, laissant souvent subvenir certaines interrogations : Comment ai-je pu t’abandonner ? Pourquoi ne m’as-tu pas attendu ?…

Il est alors important d’exprimer son amertume. Les proches de la victime pourront par exemple lui adresser une lettre en expliquant pourquoi ils n’ont pas pu l’accompagner et en exprimant tous leurs sentiments de culpabilité ou d’abandon.

Verbaliser ses émotions peut en effet apporter un certain soulagement et aider les proches du défunt à faire leur deuil. La lettre pourra ensuite être lue en se souvenant de son proche puis sera brûlée quand on sera prêt à le faire.

Accompagner un proche jusqu’à son dernier souffle et lui rendre hommage sont des besoins naturels qui permettent d’emprunter le chemin du deuil jusqu’à l’acceptation. Pour y parvenir, il faut savoir s’entourer et demander de l’aide si besoin.

Trouver du réconfort pour faire le deuil d’un proche décédé du Covid-19

Parler de ses peines, c’est déjà se consoler.

Albert Camus

Le deuil est donc une étape difficile mais primordiale pour chacun. La période inédite que nous traversons a néanmoins bouleversé ce processus et peut favoriser le deuil pathologique. Pour éviter cette situation, il est essentiel de demander l’aide.

Lors d’un décès, les familles se réunissent pour trouver du réconfort et surmonter ensemble une étape compliquée. En période de covid-19, ces rites ont aussi été chamboulés. C’est pourquoi il est important de contacter ses proches pour trouver du réconfort.

Ensemble, il est possible de se replonger dans des moments joyeux. Regarder des albums photos et en discuter peut aider à trouver l’apaisement. Souvent on a peur d’en parler pour ne pas réveiller de tristes souvenirs. Mais accepter la mort d’un proche ne signifie pas l’oublier ! Se remémorer de bons souvenirs permet de se rappeler qu’on l’aimait et apporte un sentiment de satisfaction et d’apaisement !

On peut aussi trouver du soutien auprès des professionnels : soignants et aidants professionnels qui ont accompagné la personne en fin de vie. Parler avec ceux qui l’ont vu s’éteindre peut aider à accepter la mort d’un proche. On pourra alors leur demander quels ont été ses derniers moments : quels ont été ses derniers mots ? Comment était-il ? A-t-il souri ? Pour les professionnels, c’est aussi important d’en parler avec la famille du défunt.

Enfin il est important de s’accorder le temps nécessaire pour faire son deuil. Aucun deuil n’est similaire et chacun doit le faire « à son rythme ». Néanmoins, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à un professionnel si le deuil est trop douloureux et quand on se sent dans une impasse.

Le deuil en période de Covid-19 : Jusqu’où peut-on imposer des restrictions ?

La difficulté en cette période extraordinaire est de trouver le juste équilibre entre les besoins naturels d’accompagnement des personnes en fin de vie et de respecter les règles sanitaires pour éviter la propagation du virus.

Le groupe de travail « fin de vie en EHPAD » du cercle vulnérabilités et société a d’ailleurs rédigé une note de recommandations à destination des professionnels des ehpad.

Dans cette note, le cercle attire notre attention sur l’importance d’écouter les besoins psychologiques des personnes en fin de vie.

Les dimensions psychologiques, sociales et spirituelles peuvent en fin de vie devenir plus essentielles que la seule dimension physique.

Groupe de travail fin de vie en EHPAD – Cercle vulnérabilités et société

À ce titre, il est important de préserver les temps relationnels (social, affectif, sensoriel, émotionnel) d’une personne en fin de vie. Garder le contact à distance grâce au digital par exemple est important pour respecter les besoins des personnes en fin de vie et de leurs proches.

Il n’y a qu’ainsi qu’on peut permettre aux personnes mourantes de partir sereinement et à leurs proches d’accepter le décès, tout en gardant en mémoire ses souvenirs !